Archéologie d'une Frontière

projet multimédia en cours

"Les traces et la mémoire de l’enfermement à la frontière gréco-turque"

La frontière est une construction territoriale qui introduit de la distance dans la proximité. Son «effet de miroir» ouvre une fenêtre d’observation sur la société qui l’a construite. Ce construit socio-historique est en constante évolution et redéfinition, il doit donc être compris comme dynamique et évolutif.

Ainsi la frontière gréco-turque a connu de grandes transformations ces dix dernières années. Ligne de démarcation entre deux pays aux querelles encore vives, cet espace fut longtemps surveillé et contrôlé militairement. Le début des années 2000 voit un nombre de franchissements clandestins toujours plus important. Le contexte européano-grec de répression de la migration irrégulière entraîne une « policiarisation » du contrôle migratoire. D’un contrôle militaire, la frontière voit naître un contrôle policier de plus en plus marqué. Ces transformations rapides se soldent par la naissance d’une vingtaine de lieux d’enfermement pour migrants. Sujets à des évolutions très importantes, ces lieux d’enfermement connaissent une durée de vie variable allant de quelques jours à quelques années. Du camp de fortune dans les premiers temps, au centre de rétention institutionnalisé, les lieux d’enfermement peuvent être définis par leur pluralité : entrepôt, usine, ancienne prison, commissariat...

A l’origine de ce projet, il y a une rencontre entre un photographe et une géographe ayant une sensibilité partagée sur les questions relatives à la migration contemporaine en Grèce et l’envie d’un échange pluridisciplinaire.

images : Stephanos Mangriotis (voire son site)
recherche : Laurence Pillant
Réalisé dans le cadre de Medimurs (financé par le Conseil Régional d'Aquitaine)

extrait de "Être Là", reportage BD de Christophe Dabitch avec Amnesty International